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Innovation variétale de l’amont vers l’aval

Evolutions de l’obtention végétale

L’obtention de nouvelles espèces et variétés pour l’horticulture ornementale a déjà plus de deux siècles d’histoire, (depuis le début XIXème). Mais ces vingt dernières années, cette partie de la filière a vu d’énormes changements, par la mondialisation, par la numérisation toujours plus performante en rapidité et en capacité d’échanges, par les développements technologiques qui ont permis à toutes les disciplines scientifiques d’améliorer fortement leurs performances. Tous ces facteurs ont des conséquences rapides sur l’évolution variétale et celle des métiers de l’obtention.

Les nouvelles obligations végétales

L’utilisation de pesticides sévèrement restreinte, à la demande du marché et/ou des réglementations en Europe et dans le monde,

  • la diminution de la biodiversité, qui devient une préoccupation mondiale,
  • l’adaptation aux maladies invasives et aux excès climatiques qui devient incontournable,
  • la gestion des réserves d’eau qui est cruciale.

Autant de perspectives qui sont menaçantes, mais qui offrent également de nombreuses opportunités aux acteurs des métiers de l’obtention.

Le challenge est de développer des cultures vraiment résilientes tout en créant de nouvelles variétés. Des plantes plus saines et plus solides pouvant être cultivées et commercialisées en utilisant moins d’eau, moins d’énergie, d’engrais et d’agents chimiques pour les traitements et la régulation de la croissance.

Ensemble, les entreprises d’obtention ont plus d’options

Ces évolutions et le coût toujours plus important des itinéraires scientifiques et techniques*

à mettre en œuvre poussent certains obtenteurs indépendants à se regrouper.

C’est pourquoi le nombre d’entreprises diminue et la surface de ces regroupements augmente pour arriver à des groupes de dimension mondiale soutenus par des fonds d’investissements internationaux, par exemple Dümmen Orange financé par BC partners capital investissements ou Sygenta. Quelques entreprises restent cependant indépendantes, par exemple Benary qui en est à la 7ème génération d’obtenteurs et qui a su répartir son activité sur tous les continents. Quelques entreprises françaises d’obtention indépendantes cultivent toujours une réputation mondiale, comme Lannes. Par le passé, les obtenteurs occupaient souvent plusieurs fonctions, l’obtention, la multiplication, la diffusion parfois même la production. Mais actuellement, chacun de ses métiers nécessite de plus en plus de compétences, et l’on constate une tendance à la spécialisation par métier : obtenteurs,  diffuseurs, ou multiplicateurs.

Le rôle des diffuseurs

Les éditeurs, diffuseurs et agences de développement doivent avant tout être des passionnés de botanique et savoir repérer au premier coup d’œil les différences d’une variété par rapport à une autre. Mais ce sont aussi des commerçants. Ils connaissent bien les spécificités de chaque marché en Europe et dans le monde et sont capables de déceler et de mesurer immédiatement l’impact commercial des variétés qu’ils prennent la responsabilité de diffuser. Ils peuvent aussi bien avoir la responsabilité de diffuser des variétés françaises dans le monde entier, que de diffuser des variétés d’origine européenne ou mondiale en France. Enfin, ils assurent la fonction de conseil juridique entre leurs clients obtenteurs et les producteurs pour les aider à définir le meilleur contrat de licence possible dans l’intérêt de chacune des parties.

(Exemple : Voltz, Ducrettet)

Les multiplicateurs spécialisés

Les multiplicateurs qui reproduisent des jeunes plants et des boutures à partir des nouvelles obtentions sont de plus en plus liés par contrats avec des obtenteurs ou groupes d’obtention.

Ils sont chargés de reproduire les nouvelles variétés en nombre suffisant et d’approvisionner les producteurs. Ils sont généralistes (gamme de plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces) ou spécialistes d’une espèce bien définie. (Exemple : ABJP, Haberschil, LAFORET)

Retournement offre/demande

Nous étions dans un flux d’innovation poussé, qui allait de l’obtenteur via le producteur vers le consommateur en passant par la logistique et la distribution. Or, il se trouve que le flux s’est inversé, ce n’est plus l’offre qui dirige la demande, mais bien la demande et les attentes consommateurs qui influencent l’offre.

« Le Jardin Pixel » du Salon du Végétal, un lieu privilégié pour faciliter les interactions entre tous les acteurs concernés

C’est le nouveau rendez-vous de la génétique en France qui va permettre de mettre en relation les producteurs, qui ne peuvent pas toujours aller sur les salons à l’étranger, avec les acteurs en charge de l’obtention. C’est également un lieu d’échange avec la distribution (GMS, GSB,GSS) pour être en mesure d’adapter l’offre aux attentes consommateurs.

Vous l’avez compris, chaque maillon de la chaîne doit s’y retrouver pour mieux connaître son marché, anticiper les évolutions sociétales, climatiques et techniques et rester ainsi dans la course !

Brand Wagenaar

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