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Interview de Madame Céline Melin, Directrice commerciale chez ANADIA et Monsieur Roland de Boissieu, Président de la FGFP

« Proximité et grossiste ne font qu’un »

Interview de Madame Céline Melin, Directrice commerciale chez ANADIA et Monsieur Roland de Boissieu, Président de la FGFP (Fédération nationale des Grossistes en Fleurs coupées et Plantes en pots).

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                            M. de Boissieu, qu’est-ce que la Fédération nationale des Grossistes en fleurs coupées et Plantes en pots (FGFP) ? Qui sont vos adhérents ? Que faites-vous pour défendre le métier de grossiste ? Quels sont éventuellement vos partenaires ? Quels sont vos clients ?

La FGFP regroupe, défend et représente les intérêts de l’ensemble des opérateurs grossistes, en France qui œuvrent dans le monde du végétal. La FGFP, avec environ 30 adhérents répartis sur tout le territoire, affirme à nouveau sa position dans la filière. Les grossistes en végétaux, c’est 285 entreprises, 780 millions d’euros de CA et 2 500 salariés (*AND 2019).

Les grossistes et négociants en Fleurs et Plantes ont la capacité de regrouper au sein de leur gamme la totalité de l’offre nationale et européenne en végétaux de tout ordre. Ce rôle est essentiel dans la filière végétale ornementale pour la centralisation logistique et la distribution de la production française vers l’aval.

Maillon et interface incontournable entre la production, les détaillants et la distribution, les grossistes ont comme clients majoritairement des fleuristes, des jardineries et tout professionnel qui achète du végétal. Nous sommes les principaux acteurs du commerce en B to B et un acteur majeur de proximité dans la filière. D’autre part, nous restons le principal vecteur de commercialisation de la production horticole Française auprès des professionnels.

Les principales actions de la FGFP, se concentrent sur la représentation et la promotion du métier de grossiste auprès des instances interprofessionnelles de l’horticulture en France, comme VAL’HOR, en apportant notre pierre à l’édifice, sur la revalorisation de la filière du végétal en France. Nous défendons notre savoir-faire et apportons notre valeur ajoutée, pour affirmer notre rôle et place au sein de la filière horticole.

En relation permanente avec la CGF (Confédération des Grossistes de France) dont nous sommes adhérents, nous travaillons sur tout ce qui valorise le métier de grossiste en France, les questions sociales et juridiques, les évolutions des législations concernant notre profession qui regroupe plus d’un million de salariés. La CGF, nous appuie et nous soutient sur des sujets comme la logistique, le développement durable, la valorisation du métier, l’évolution des législations et l’avenir de notre profession auprès des pouvoirs publics.

Nos principaux partenaires sont donc VAL’HOR et la CGF mais aussi la Fédération des marchés de gros de France et Union Fleurs au niveau européen et international. Nous utilisons les moyens et les capacités de nos partenaires pour affirmer notre place et défendre un objectif commun qui est de contribuer à la dynamisation de la filière horticole en France et valoriser notre métier de grossiste. Nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice pour que le végétal et la filière horticole ornementale en France soient réellement connus et reconnus à sa juste valeur.

Interview croisée : 

Qu’est-ce que le métier de grossiste en fleurs coupées et plantes ? Comment voyez-vous le métier de grossiste demain ? Quel est votre rôle et la place du métier de grossiste dans la filière ?

Céline Melin : En plus d’être des commerçants de gros de proximité, les grossistes en plantes sont souvent producteurs. Les clients peuvent s’appuyer sur notre expérience pour faire leurs achats. Nous proposons des végétaux pour tous les secteurs, allant du marché aux fleurs, en passant par la serre chaude jusqu’à la pépinière. Sans cesse au contact de la clientèle, notre métier est très enrichissant. Nous offrons une gamme très complète pour toucher tous les types de client.

Nos acheteurs sont sourceurs et se déplacent toute l’année en France et dans les pays européens pour acquérir des produits, aller chercher des raretés et des spécificités.

D’autre part, nous constatons aujourd’hui, une forte demande en produits français et donc le besoin d’un acteur de proximité. Nous devons privilégier l’offre française avec des végétaux adaptés aux différents climats, avec une qualité supérieure, avoir une réactivité de la part des producteurs français tout en réduisant notre impact carbone. Les enjeux sont importants.

Roland de Boissieu : En complément de ce qui vient d’être dit, j’ajoute que le vrai sens de notre métier c’est la proximité avec nos clients et les producteurs, c’est ce qui fait notre force. Le fait d’avoir une relation quasi quotidienne avec nos clients, être en permanence dans le service avec une large couverture de gamme à proposer à nos clients, une offre française mais aussi européenne, et internationale en fleurs coupées, une disponibilité de gamme toute l’année, du stock et des modes de livraisons multiples, notre force de réactivité, autant de points qui caractérisent notre métier. L’autre axe important est en amont. Nous sommes des relais de l’offre française, notre capacité à massifier l’offre, en proposant régulièrement la mise à disposition de nouvelles variétés, de petites séries en faisant jouer les économies d’échelles. Nous avons la capacité à concentrer une offre extrêmement large en provenance du monde entier, la production française peut profiter de ce fonctionnement. Nous sommes des gestionnaires de flux et avec la problématique environnementale, nous avons une capacité à gérer la logistique du dernier kilomètre.

Aujourd’hui, souvent, le plus logique est qu’une marchandise parte de chez un producteur dans un camion gros porteur pour la dispatcher aux quatre coins de France, mais demain ?

Fort de notre ancrage territorial, avec des relais logistiques stratégiques déjà existants. Le grossiste disposant d’un rayon d’action de 200 km en moyenne en livraison, avec une flotte de véhicules adaptés permettra de réduire l’impact. L’évolution des flottes internes ou externes notamment concernant les camions électriques, devra être privilégiée, pour un rayon d’action minimum. Le métier de grossiste a un bel avenir et prend tout son sens.

Céline Melin et Roland de Boissieu : La plupart des grossistes sont aussi producteurs, cela veut dire que nous sommes les seuls opérateurs en France à connaître l’ensemble des maillons de la chaîne, de l’amont à l’aval. Nous avons une vraie connaissance du produit, de tous les acteurs, une relation durable avec les producteurs et un dialogue qui est important. En plus de tout ce que l’on a pu voir précédemment, la notion de conseil est importante. On prodigue beaucoup de conseils, on sensibilise nos clients à des problématiques diverses. Nous jouons un rôle de relais d’informations non négligeable sur différents sujets. Les nouvelles réglementations, les tendances, les nouveautés de gamme, les futurs enjeux. Être à l’écoute de nos clients est également une force.

Quelles sont les problématiques de la logistique urbaine et rurale et comment le métier de grossiste peut apporter des solutions ?

Céline Melin : Chez Anadia, l’adaptation est primordiale en termes de logistique. L’organisation d’une zone rurale ou urbaine est différente. Nous allons utiliser des véhicules légers pour livrer les centres-villes. En zone rurale, nous priorisons les poids lourds, et privilégions une flotte plus responsable, aux dernières normes européennes. Nous ne livrons que dans le Grand Quart Sud Est de la France, avec un choix de circuit court. Nos plannings de livraison sont conçus pour optimiser ces zones de livraison et ainsi réduire nos dépenses énergétiques (gasoil).

Roland de Boissieu : La raison d’être de notre métier est la problématique de la logistique. Nous sommes des professionnels de la gestion du dernier kilomètre, nous savons optimiser des tournées avec un certain nombre de contraintes. Nous avons une capacité à avoir une flotte de camions de petite taille pour livrer les zones urbaines tous les jours, pour certains clients. Nous minimisons donc l’accès à des gros transporteurs en ville et les produits livrés sont d’une fraîcheur au top. Dans les zones rurales, nous rompons l’isolement de nos clients avec un lien social que nous souhaitons. Cet aspect proximité est vraiment important dans notre métier, créer des liens entre les hommes et les femmes qui partagent une même passion. Le contact avec le produit et le client est vraiment notre raison d’être .

Pourquoi la FGFP est présente ainsi que certains de ses adhérents sur un salon comme le salon du Végétal ?

Céline Melin : Tous les principaux acteurs de la filière vont être présents et les visiteurs pourront redécouvrir que les grossistes sont des acteurs de la filière. Nous avons choisi d’être présents pour que les acheteurs puissent découvrir quel grossiste peut être à proximité et leur offrir des outils nécessaires pour leurs achats. Sur le salon, il y aura un espace commun avec les grossistes puis un espace FGFP qui mettra en avant le maillage des grossistes en France.

Roland de Boissieu : Nous souhaitons faire redécouvrir notre métier à l’ensemble des acteurs de la filière horticole en France présente sur le salon.

« Qui nous sommes ? », « Que faisons-nous ? », « Quel est notre rôle dans la filière ?». L’objectif est de remettre le métier de grossiste à sa place dans la filière et faire prendre conscience à l’ensemble des opérateurs de la filière quel est notre rôle et à quoi on peut servir à l’ensemble des acteurs de la filière.

Quels sont les enjeux logistiques pour la filière et la production ? Qu’apportez-vous à la filière végétale ?

Roland de Boissieu : L’enjeu logistique part du constat qu’aujourd’hui, les bassins de consommation ne collent pas avec les bassins de productions. L’enjeu est donc de savoir comment s’organiser de manière fluide, efficace, économique et écologique pour faire en sorte que la production se rapproche des bassins de consommation. Le réseau qui a cette capacité d’apporter l’outil pour massifier les flux en amont de la production vers les centres urbains et de redistribuer l’ensemble de l’offre, c’est le réseau des grossistes.

Céline Melin : Tout est dit !

 

Stéphanie Chaillot

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