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Interview de Paul Moreau, Président du Collectif Vent d’Ouest

« Sensibiliser tous les acteurs à la biodiversité »

Interview de Paul Moreau, Président du Collectif Vent d’Ouest, Paysagiste – Maître d’œuvre et Formateur

Quelle est la démarche de votre scène jardin sur le Cœur Végétal du salon ?

Le Collectif Vent d’Ouest regroupe 8 professionnels, architectes, scénographes, designers et paysagistes, tous enseignants. Nous nous sommes aperçus que l’évènementiel était consommateur et producteur d’énormément de déchets. Nous avons donc revu l’évènementiel en consommant le moins possible et en traitant la totalité de nos déchets. Nous avons transmis cette démarche à nos étudiants, BTS, lycéens, licence ou ingénieurs. Sensibles à la consommation d’énergie, d’eau, de matières premières, à la baisse de la biodiversité, au réchauffement climatique, à la gestion secondaire de nos déchets, nous avons eu envie de travailler différemment et de remédier à tout cela si ce n’est pas trop tard. Notre jardin sur le Cœur Végétal en sera la représentation avec la thématique « Comment faire la biodiversité en ville ? ». Nous allons donc déjà expliquer le concept de biodiversité, c’est-à-dire l’équilibre avec tout ce monde vivant, la faune et la flore tout en connaissant le gîte et le couvert au jardin et faire vivre tout le monde ensemble.

Quel est l’objectif de cet espace ?

Contrairement à un jardin militant, nous allons proposer 2 jardins, exactement identiques, avec les mêmes services et la même qualité, le premier sera hospitalier avec le gîte et le couvert, l’autre sera sans vie. Il y aura une terrasse, un arbre d’ombrage, des massifs d’agrément, des allées, du mobilier, un point d’eau et bien d’autres aménagements. Les différences se feront avec les matières, bois naturel contre résine, muret en enduit contre muret en pierres sèches, haie mono spécifique contre haie diversifiée, cerisier d’ornement ou cerisier à fruits, dallage avec des joints béton contre des dallages avec des joints engazonnés, etc. En ayant la même composition, les mêmes matériaux et mêmes services dans ces 2 jardins, les visiteurs vont rentrer dans ce jardin miroir, pouvoir donner leur avis et voter pour LE jardin qui a retenu leur attention, jardin inerte ou jardin nature. Le but est de savoir ce qui a été retenu par les visiteurs et avec quel jardin ils se sentent le plus à l’aise.
A la sortie du jardin, nous allons apporter des supports scientifiques vulgarisés et donner une notion d’économies sur la faisabilité et l’entretien d’un jardin pensé « biodiversité ». Cette enquête va nous permettre de dire qu’un paysagiste peut proposer les mêmes services avec la même qualité, tout en acceptant la biodiversité et en savoir plus sur l’acceptation de la biodiversité en ville du public. Avec la visite de ce jardin et les supports scientifiques vulgarisés, nous souhaitons que les visiteurs, en connaissance de cause, choisissent de faire faire un jardin qui accepte ou non de la biodiversité, à longueur d’année.

 

Pourquoi vous semble-t-il important de faire de la pédagogie autour des bonnes pratiques au jardin ?

Les supports doivent être multiples car les sensibilités des professionnels et des usagers sont multiples. Un panneau d’entrée va présenter l’espace, des affichettes donneront les plus et les moins des aménagements et des panneaux de vulgarisation scientifique seront présents. Différents panneaux avec des exemples concrets et des supports scientifiques vulgarisés vont être à disposition du public autour de l’espace. Afin de fédérer et sensibiliser les professionnels et le grand public autour d’un même discours, il faut avoir plusieurs portes d’entrée comme l’écologie, la santé, la gastronomie, les couleurs, le repos, le sport et bien d’autres. Aujourd’hui, nous disposons de peu d’informations objectives sur le sujet et elles sont trop souvent sectorisées. Nous espérons qu’il n’est pas trop tard et que cette diversité de la vie végétale et animale a encore énormément de ressources à nous offrir pour mieux vivre demain. Nous souhaitons donc promouvoir la biodiversité au plus grand nombre.

 

Comment allez-vous mettre en avant les savoir-faire filière sur cette scène jardin ?

Tout cet espace va être réalisé comme un cas concret par plus de 130 étudiants de 4 établissements publics et privés : des 1ères et terminales en Bac Pro, des BTS en 1ère et 2nde année Aménagements paysagers, des BTS Technico-commerciaux, des licences Conduite de chantier et des Masters 1 ingénieur projet et opérationnel de paysage. Ce projet commun est conduit par des paysagistes, scénographes, professionnels et enseignants ainsi que de nombreux fournisseurs de la filière végétale. Nous profitons ainsi des savoirs donnés dans les différents établissements pour travailler sur un cas concret et se rencontrer sur un lieu commun en dehors des centres de formation. Les temps d’échange et la richesse des relations favorisent l’ouverture d’esprit de chacun.

 

Stéphanie Chaillot

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